Focus – Marc Turlan

Marc Turlan

Marc Turlan vit et travaille entre Paris et le sud de la France. Il s’exprime à travers de nombreux supports, collages, sculptures etc… C’est pour ses photographies que Marc a retenu notre attention pour Objectif Nu. Armé de son appareil photo, il joue avec les corps dénudés et nous offre un regard singulier sans tabou.

L’artiste travaille sur le portrait, auquel il attache une importance particulière, pour ne pas dire une fascination. Le besoin de se montrer à travers un portrait et sur les réseaux, est quelque chose qui lui tient à cœur. Il y a encore quelques décennies, le portait était réservé à une élite de la société qui avait justement les moyens de se « faire tirer le portrait ». Aujourd’hui, cela n’est plus la norme et Marc aime ça, renverser les normes de l’aristocratie des photographes qui s’octroient le droit de dire si telle photo ou tel tirage est artistique ou non. 

Marc aime montrer la fragilité des corps, par la nudité, et représenter leurs défauts à travers ses clichés non retouchés. De ses photos se dégage d’ailleurs un certain paradoxe, où pureté et érotisme viennent flirter et composer des images fortes en émotions. Il articule son travail autour du désir et de sa représentation, notamment grâce à la poétique des nus. 

En plus de la photographie, Marc Turlan explore de nombreux médiums tels que la sculpture, le collage, la vidéo et le tissu. Le nu et l’érotisme sont toujours présents dans ses œuvres. On retrouve aussi une pointe d’humour comme l’attestent certains de ses travaux : ses sculptures « Oedipus’Cruising » où il met en scène des photographies de statues sans yeux (référence à Œdipe qui s’est crevé les yeux, NDLR) dans un bois et qui réfèrent directement au cruising (recherche d’un partenaire sexuel, anonyme, dans des endroits publics (ou des cruising bar, NDLR). Cet humour est également présent dans les photographies  où il met en scène des hommes dans des situations décalées. 

Comme de nombreux artistes qui ont accepté de participer à Objectif Nu, Marc s’insurge contre la censure. Cette « résistance moderne », envers la censure qui gronde, se retrouve dans son travail et ses photographies de nu. Pour le plasticien-photographe, l’impossibilité de se montrer nu, plus particulièrement sur les réseaux sociaux, est loin d’être un frein puisqu’il en joue. Marc va alors masquer à l’aide de ruban adhésif certaines parties du corps comme le visage. Le visage caché du modèle force le visiteur à diriger son regard sur les parties du corps non masquées, créant un jeu de regard entre ce qui est dissimulé et ce qui visible. Le fait de cacher ces parties, pourtant normalement non soumises à la censure permet ainsi, en le déplaçant, de révéler notre désir.

Julien le Gac

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